PSYCHOTHERAPIE SUR BASE HAPTONOMIQUE 

 

ARTICLES SCIENTIFIQUES :

Psychothérapie sur base haptonomique ou Haptopsychothérapie :

  • L’haptonomie – « Introduction de Frans Veldman » in Carnet Psy n°72, par Dominique Décant-Paoli
  • Incidence de l’approche affectivo-confirmante sur le vécu de la douleur et sur les neuroransmetteurs spécifiques – in Présence Haptonomique N°2 – Oct. 1990
  • L’haptonomie et l’haptothérapie, nouveaux modes d’intervention pour le traitement de la peur de l’accouchement – Gert A. Klabbers et Al. – 20 nov. 2017 (Etude clinique randomisée – Journal of Psychosomatic Obstetrics & Gynecology )
  • Haptotherapy and burn-out – L’haptopsychotherapie et le syndrome d’épuisement ou burn-out, causes, symptômes et traitement – Ineke van Rijsselberg – Reflective practice – International Journal of Haptonomy and Haptotherapy – 25/10/2017
  • The role of Haptotherapy in treating parentification – Ineke van Rijsselberg – International Journal of Haptonomy and Haptotherapy – 2019
    • Haptonomie et psychothérapie – Dominique Décant – Présence Haptonomique – numéro 8 – mai 2008
    • Attachement et détachement – André soler et Bernard Thibault – Présence Haptonomique – numéro 4 avril 97
    • A la rencontre de l’affectif, un ciment aimant – Anne-Marie Duval Lota – Présence Haptonomique – numéro 8 – mai 2008
    • Recherche Bonheur désespérément – René Frydman et Muriel Flis-Trèves
    • Le Puzzle Archaïque du Bonheur – Catherine Dolto – in Recherche Bonheur désespérément – janvier 2010 – PUF
    • La rencontre haptonomique en psychothérapie – Christine Chapuis –  janvier 2018
    • Haptopsychagogie avec des enfants souffrant de carence affective – Iné Op Eije – Présence Haptonomique – numéro 3 – janvier 96
    • Haptopsychothérapie d’un enfant – Hélène Sallez – Présence Haptonomique – numéro 8 – mai 2008
    • Accompagnement haptopsychagogique de l’enfant dans sa famille – Ine Op Heij – Présence Haptonomique – numéro 12 – décembre 2016
    • Quand l’entrée à l’école fait violence, création d’un espace de rencontre et de réconciliation – L’haptonomie à l’oeuvre entre enfance, famille et école – Brigitte Munch – Présence Haptonomique – numéro 12 – décembre 2016
    • Haptopsychagogie d’enfants souffrant d’un syndrome d’hyperactivité – Iné Op Heij – Présence Haptonomique – n°6 – mars 2001
    • Prévenir les effets du manque de considération qui nuit à la condition humaine – André soler – Présence Haptonomique – n°12 – décembre 2016
    • Anorexie mentale (anorexia nervosa) et haptopsychothérapie – Ine OP heij – Présence Haptonomique – numéro 5
    • Apport de l’haptonomie dans l’accompagnement thérapeutique de l’enfant autiste, Kiejna G.,  Présence haptonomique, mai 2008, no 8
    • Haptopsychothérapie et créativité – Jean-Louis revardel – Présence Haptonomique – numéro 5
    • L’haptonomie comme approche thérapeutique du vaginisme – Laurence Bolsinger – Présence Haptonomique – numéro 5 avril 99
    • La dépression partagée, clinique haptonomique de la dépression maternelle – Catherine Dolto – Présence Haptonomique – n°8 – mai 2008
    • Accompagnement haptonomique de la grossesse dans son aspect préventif  en cas de dépression maternelle – Dr Catherine Dolto – Neuropsychiatrie de l’Enfance et l’Adolescence – EM Consult – 01 Janv. 2004L’auteur […] témoigne ici d’une expérience clinique de plus de 20 ans. Elle postule qu’il existe une relation entre l’inhibition dépressive chez la mère et l’inhibition motrice chez l’enfant avec toutes les conséquences psychoaffectives qui en découlent. L’accompagnement haptonomique de la grossesse chez les femmes dépressives et anxieuses protège l’enfant des effets de la dépression maternelle. »
    • Grossesse et crise du couple, Pratique de l’haptopsychothérapie en maternité – Pascale Rossigneux Delage – Présence Haptonomique – numéro 10 – janvier 2012
    • La crise dans le couple ; Apport de l’haptonomie dans l’évolution de la crise – Kiejna Ghislaine  – Présence Haptonomique – n°10 – janvier 2012
    • Accompagnement haptonomique et troubles psychiques dans le post-partum – Jaimes Robert Torres et François Chapuis – Présence Haptonomique – n°6 – mars 2001
    • Si le bonheur est dans le pré-partum, pourquoi un si malheureux malheur dans le post-partum ? – Ouriel Rosenblum in Recherche Bonheur désespérément – Colloque de Gynécologie-Obstétrique et Psychanalyse – N°9 – janvier 2010
    • Violence de la césarienne, Apports de l’haptonomie – Évelyne Petroff – Présence Haptonomique – numéro 10 – janvier 2012
    • Haptopsychothérapie du sentiment de honte – Jérôme Strazzulla – Présence Haptonomique – numéro 12 – décembre 2016
    • Manifestation phobique chez un patient souffrant d’une névrose de frustration – Christine Richard – Présence Haptonomique – numéro 8 – mai 2008
    • Approche haptopsychothérapie de personnes souffrant du borderline syndrome – Dominique Décant Paoli – Présence Haptonomique – numéro 6 – mars 2001
    • Les vécus libératoires en haptopsychothérapie – Jean-Louis Revardel – Présence Haptonomique – numéro 10 – janvier 2012
    • Patience, patience dans l’obscur : Approche haptonomique d’ états mélancoliques dans les syndromes maniaco-dépressifs – Dominique Décant Paoli – Présence Haptonomique – numéro 10 – janvier 2012
    • Du vécu de crise au retour d’un sentiment de sécurité – Maurice le Xambeu – Présence Haptonomique – numéro 10 – janvier 2012
    • La Dimension éthique de l’être humain. Essai sur l’origine, les fondements, la signification et le développement du sens de l’éthique, Soler A., Éditions André Soler, 2014
    • L’Haptopsychothérapie dans la guérison des traumatismes – Haptotherapy as supplement to systemic in healing trauma – Ineke Los-de Mar – Juillet 2019
    • L’approche et la thérapie haptonomiques pour les enfants et les adultes de haut niveau diagnostiqués avec un trouble du spectre autistique (T.S.A.) – When touch is not common practice : The haptonomic approach and therapy for higher-functioning children and adults diagnosed with autism spectrum disorder (ASD) – Frans van Nieuwmegen


ARTICLES ET REFLEXIONS : 

 

  • La rencontre haptonomique en psychothérapie Christine Chapuis – 03/01/2018

Frans Veldman – fondateur de l’haptonomie a développé sa pratique après des moments tragiques liée à la Seconde Guerre mondiale.

S’étant trouvé confronté à la souffrance humaine, il n’a eu de cesse, toute sa vie, de réfléchir et de développer l’haptonomie pour faire croître les facultés affectives humaines. Cette expérience pleinement humaine de proximité affective l’a conduit à s’ouvrir aux facultés de tendresse, de douceur et d’amour contenant dans les moments les plus difficiles de sa vie, mais aussi tout au long de sa vie et du développement de l’être humain jusqu’à sa finitude. L’haptonomie est définie comme la Science de l’Affectivité.

L’Affectif est Un toujours Vivant, toujours Présent.

En favorisant le déploiement de la sécurité de base, l’approche haptonomique permet de se sentir pleinement humain, ancré, vivant, accompli et intégré. En effet, les trois aspects de la personne (psychisme, affectivité et somatique) sont pleinement intégrés, ensemble.

La qualité de présence dans le contact haptonomique plein de bienveillance, d’humilité, favorise l’élan vital et la complétude dans l’expression de la vie en soi et dans le lien à l’autre


Jean-Louis Revardel présente ici l’haptonomie, « science de l’affectivité », fondée sur le « toucher » ; un toucher proprement tactile mais aussi affectif/émotionnel, dont le thérapeute partage le vécu avec son patient. L’ouvrage recense ainsi les modalités thérapeutiques susceptibles de provoquer une « puissance d’agir » entravée sinon perdue chez le sujet, en allégeant la charge pathologique qui grève son existence.

Avant de s’interroger sur la dimension thérapeutique de l’haptonomie, il faut en préciser les contours. Selon son fondateur (F. Veldman), l’haptonomie est une science phénoméno-empirique, adossée à des faits humainement perceptibles.

Quel serait donc le statut d’une « science de l’affectivité », d’une science sensible à la vulnérabilité humaine, attachée à « comprendre » plus qu’à expliquer, délestée des déterminismes du monde physique ? Est-il même possible de « dépasser » la causalité scientifique sans renoncer à la prétention d’y souscrire, au moins en tant que « science » de l’affectivité ? C’est la question qui vient irrésistiblement à l’esprit.

Dominique Décant-Paoli  invoque des postulats pluridisciplinaires (médecine, psychologie, psychanalyse), prend appui par ailleurs sur la phénoménologie, pour rendre compte de la dimension « expérientielle » de l’haptonomie. Mais c’est la théorie du chaos de R. Thom, la physique quantique qui fournissent les fondements épistémologiques spécifiques de l’haptonomie, ce dont Jean-Louis Revardel entretient le lecteur dans un autre ouvrage, L’Univers affectif.

 

Dans Haptonomie et psychothérapieil est question de sa dimension thérapeutique, qui ne s’inscrit dans aucune codification particulière mais vise à rendre moins vulnérables, à « confirmer affectivement » des patients atteints par la maladie de Parkinson, ceux sortis d’un coma, « traumatisés » par des événements douloureux accidentels, voire purement psychiques. On comprend donc que l’haptonomie est essentiellement une pratique d’accompagnement.

Dans cet ouvrage qui porte les traces de sa formation de biologiste, Jean-Louis Revardel indique l’existence d’une « hypothèse » théorique jusque là inexplorée. Il nous apprend que l’haptonomie, « science de l’affectivité », entretient des rapports étroits avec les neurosciences.

Mais l’auteur ne prétend pas que les qualia – aspects subjectifs de la sensation, selon ses mots – sont nécessairement produits par le système neuronique et en émergent mécaniquement. Son propos est plutôt de démontrer que l’approche haptonomique ne peut ignorer les localités corporelles : les régions, structures, organes et réseaux anatomophysiologiques sont en effet investis émotionnellement.

Les « sphères ontiques » déterminent les états émotionnels, à l’image de la synesthésie, par exemple, qui met en jeu les structures néocorticales et le système limbique. Là encore, mentionner l’origine embryonnaire de la synesthésie, invoquer une forme de « sélection neuronale », n’interdit pas de s’interroger sur les perceptions engendrées par le corps « propre ». C’est même ce qui intéresse au premier chef Jean-Louis Revardel.

 

Haptonomie et psychothérapie

L’haptonomie […] a pour vocation de lever les limitations rencontrées par un individu dans son existence, de le désencombrer d’obstacles multiples, qu’il s’agisse de phobies, de troubles névrotiques, de sentiments de déréliction, de traumas.

Le contexte théorique, on l’a vu, se veut phénoménologique, inspiré par la compréhension plus que par l’objectivation, ce pour quoi Merleau-Ponty sera convoqué, un peu hâtivement, il est vrai.

Quoi qu’il en soit, « comprendre » consiste à saisir le monde par les sens, via la sensibilité et la sensualité. Ce postulat soutient l’édifice haptonomique et détermine les modalités thérapeutiques […] Le contre-transfert se révèle déterminant et, dans le même temps, scruté dans son intensité. On sait que Ferenczi a conceptualisé et mis en œuvre un dispositif d’ « analyse mutuelle » qui laissait place à ce partage affectif (et soulevait certains problèmes).

D’après Jean-Louis Revardel, le dispositif thérapeutique s’inscrit dans un espace-paysage, qui enveloppe et pénètre, s’instituant ainsi comme paysage-milieu. Le phénoménologue Maldiney insistait, dans ses textes, sur l’espace de la rencontre, fondateur de l’intersubjectivité. On remarque au passage que les thérapeutes se veulent « tendres » mais incitent le sujet à « se tenir droit », attitude étrangère à la psychanalyse freudienne et lacanienne, le renforcement du moi étant jugé contrarier l’autonomisation du sujet, sans qu’il s’agisse pour autant de le « dénarcissiser ». L’école anglaise de psychanalyse, néanmoins, met en pratique le « holding », le « handling » (Winnicott), et le Hongrois Ferenczi, rappelons-le, pouvait même pleurer devant ses patients. En haptonomie, le thérapeute est dépositaire des affects et émotions du sujet, et c’est un co-vécu qui s’exprime là.

 

Corps et âme

Parce qu’il est question de constance charnelle dans le rapport à l’autre, l’haptonomie se fonde sur la corporalité mais non sur le corps. Le corps est « animé » parce qu’il s’entrelace au psychique (y compris dans sa rationalité) et à la sphère affective – sorte de tiers surdéterminant – En ce sens, l’haptonomie fait effectivement écho à certains énoncés phénoménologiques (de Husserl à Merleau-Ponty), ceux-là mêmes qui décrivent le corps « propre » – la corporéité – composé d’une âme « récapitulant » ce que ressent le corps, sans constituer un pouvoir de subjectivation en tant que tel.

L’originalité de l’haptonomie est à chercher dans sa finalité, déjà entrevue : effacer les limites qui séparent de l’autre et du monde, accroître la « puissance d’agir », au sens spinoziste. Les émotions, (qu’il est nécessaire de distinguer des affects parce que si ces derniers nous instruisent, voire nous font souffrir, les émotions peuvent nous désorganiser), soutiennent un geste qui fait fi des limites corporelles, ouvrent sur un champ intersubjectif sinon illimité, du moins non délimité. Dans ce contexte, l’intimité oriente vers l’ « extimité » (le terme est de Lacan, qui en fait un usage théorique opposé), l’intériorité achemine vers l’extériorité, et le cœur de l’être est appelé ainsi à s’ « extendre ».

Selon F. Veldman, le tonus de communication affective contribue à faire émerger le sentiment de confiance, d’affectivité confirmante, dont est demandeur l’individu en détresse. Mais l’haptonomie […] s’en tient également à un contact de surface, dès lors que le patient refuse d’aller plus loin, ou pressent que c’est impossible pour lui.
De ce point de vue, l’haptonomie s’adresse à la personne et non à son corps seul, et sa dimension est éminemment éthique.

 

Les modalités thérapeutiques

L’importance accordée au corps, à l’affectivité, aux sentiments, à ce qui relève du « sentir » en général, explique que l’haptonomie use de modalités elles-mêmes apparentées à leur objet. Le tissu affectif qui relie au monde et aux autres devient le symbole de l’« entre-deux » existentiel et c’est à ce niveau que tout se joue.

Le thérapeute est confronté sans cesse à la question de la limite : il choisit envers et contre tout d’accueillir le patient, de le sécuriser, mais ne se complaît pas dans une proximité « confusionnelle ».

Pour provoquer une « libération » affective chez le patient, il lui faut même maintenir une certaine distanciation. Patient et thérapeute n’occupent pas la même place.

Le travail sur le corps, sur l’affectivité brisée, demeure la pierre de touche de l’haptonomie : il s’agit en effet de « toucher » soit le corps, soit l’ « âme » – disons le thymosau sens grecle siège mystérieux des affects – soit les deux réunis.

Le chapitre consacré aux « Meurtrissures du corps et de l’âme »   souligne la nécessité de réintroduire la vie (ici libido vitalis et non pas sexualis) dans un corps traversé par des douleurs physiques, dans une « âme » altérée par des souffrances psychoaffectives, les deux étant le plus souvent liés.

Si trauma il y a, c’est parce qu’il existe un facteur déclenchant, mais aussi un lieu d’engrangement de l’événement subi, sans qu’il soit possible de repérer la localisation exacte de sa « mémorisation ».

 A l’instar de Freud, Jean-Louis Revardel rappelle que les blessures somato-psychiques sont toujours présentes, toujours opérantes mais en haptonomie, le rapport au passé n’est pas déterminant.

Grâce au contact haptonomique, les chagrins tissulaires, selon l’expression de Catherine Dolto, sont « dépassés ».
De surcroît, la « narrativité » qui s’exprime là est expressive : l’espace relationnel est infra-langagier.

Empathie et « philia » soutiennent l’attitude du thérapeute, dont la destination est de contacter « en réciprocité ».

C’est surtout sa Présence qui est requise, cet « être en avant » fondé sur l’ « happerception ». « Vivre au contact » de l’autre suppose à nouveau proximité et distance et L’Être-ensemble mobilise donc la compassion, en droit universalisable (mais qui signifie malgré tout « souffrir-avec », « pâtir-avec »).

L’haptonomie pourrait même renvoyer au stoïcisme philosophique, voire à Descartes (ce dont l’auteur ne parle pas) lorsqu’elle prescrit de vider les représentations de leur pouvoir pathogène, de prêter main forte au kairos (moment opportun). Mais là s’arrête bien entendu l’analogie, parce que si l’haptonomie veut clarifier la connaissance sensible, atteindre la pleine conscience de l’expérience (pour le patient), elle se fonde sur l’évidence des données affectives et non pas sur la raison, excepté chez le thérapeute, légitimé à vivre ses émotions mais réputé pouvoir s’en déprendre.

D’ailleurs, dans le registre esthétique, de l’ordre de la sensation et du beau tout ensemble, l’haptonomie fait aussi l’hypothèse que la « guérison » procède du recouvrement d’un matériau originaire précoce, archaïque : des germes de vie, inhibés dans leur développement, des grains de jouissance à restaurer.

Cette volonté de « retrouvailles » est bien entendu pensée autrement par la psychanalyse, bien que la fin d’une analyse puisse coïncider avec une forme de joie spinoziste, sinon avec une réconciliation avec soi en tant que telle, rapportée, par Lacan par exemple, à l’imaginaire (le sujet, en fin d’analyse, est encore coupé de sa subjectivité, mais de façon non pathologique).

Dans tous les cas, l’haptonomie partage quelques invariants avec la plupart des psychothérapies existantes, mais s’en distingue dans l’attention qu’elle accorde au goût pour la vie, expressément convoité, à la délectation esthétique (l’ouvrage comporte des dessins et « tableaux » de patients), à la « philia » guidante, élan « modéré » vers le patient.

Concrètement, le thérapeute pratique des levées d’engrammes négatifs […] pour abaisser les défenses des patients et provoquer le déploiement de leur personnalité.

L’auteur distingue à ce propos sentiment de complétude et sentiment d’entièreté de l’être, constamment réactivé dans l’individu, hic et nunc, sur tous les modes (bien-être mais aussi maladie etc.).

On l’aura compris, les métaphores spatiales sont essentielles en haptonomie.

Se libérer de soi c’est pouvoir s’« espacer », ce qui veut dire habiter un espace familier, qui nous permet précisément de partir sans angoisse à la dérive.

Tous les passages relatifs aux phobies sont, de ce point de vue, très intéressants, bien que Jean-Louis Revardel délaisse délibérément toute « anamnèse » du patient ou genèse de la phobie, toute analyse en termes de projection etc., comme chez Freud.

Il présente l’haptonomie comme ce qui agit de façon « non thématisée » sur le vécu du patient, par le truchement du corps, de l’affectivité, en priorité, mais aussi du langage.

En conclusion

[…] La lecture du livre de Jean-Louis Revardel évoque une poétique de l’espace – pour reprendre le titre d’un ouvrage de Bachelard – qui satisfait l’imagination.

Il est vrai que la (re) « viviscence » obtenue auprès des patients en souffrance est souvent impressionnante.  L’extension psychique et corporelle recherchée pourrait caractériser tous les types de psychothérapies (excepté les thérapies cognitivo-comportementalistes, arrimées à des « résultats » tangibles et quantifiables, quasiment) et la psychanalyse elle-même.

[…]  L‘inédit que l’haptonomie peut (r)éveiller n’est pas sans lien avec la « tuché » aristotélicienne (revue par Lacan), cette rencontre – pleine de surprise – avec un réel insoupçonné. Mais cette « irruption » procède de contextes cliniques et d’analyses théoriques opposés.

[…] Dominique Décant-Paoli estime que l’haptonomie ne constitue en rien une approche avec le « corps » ni avec « le toucher », qu’elle ne travaille pas, selon une opinion répandue mais fausse, avec les émotions.

Cette délimitation est instructive – bien qu’elle ne redouble pas les propos de Jean-Louis Revardel – et suggère qu’une pratique qui met la raison à distance pour rendre la peau (et l’affectivité…) plus douce, ne peut manifestement se passer de théorie.

Le paradoxe, c’est que l’haptonomie conjugue neurosciences, « pensée de la complexité » et délicatesse relationnelle.

Ce saut conceptuel théorique – et hors du concept, dans la pratique ? – rend-il vraiment raison du rapport théorie/pratique dont l’haptonomie est aussi redevable ?

C’est la question qui demeure après lecture de l’ouvrage, dont les effets ne sont cependant pas « invisibles ».


Plaquette et Affiche :

Plaquette Haptonomie et Psychothérapie
PDF : Plaquette Cabinet Haptonomie Angers _Christine CHAPUIS_2021

Affiche Haptonomie périnatale
PDF : CABINET HAPTONOMIE ANGERS_Christine CHAPUIS_AFFICHE périnatalité_15102020


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